Dossier
Démarche responsable en entretien de bureaux : le produit ne fait pas le service
Presque toutes les propositions mettent en avant des produits « écologiques ». Le mot seul ne veut rien dire. Ce qui existe, c’est un label européen volontaire, avec deux référentiels distincts : un pour les produits, un pour le service. Et le second exige des choses qui n’ont rien à voir avec les flacons.
Publié le 12 septembre 2026 · lecture 7 min

Le cadre
Un label volontaire, et deux référentiels à ne pas confondre
Le règlement (CE) n° 66/2010 établit les règles du label écologique de l’Union européenne. C’est un système volontaire : aucune entreprise n’est tenue de l’obtenir, et ne pas l’avoir ne signifie rien de particulier. Le label ne peut pas être attribué à des produits contenant des substances classées toxiques, dangereuses pour l’environnement, cancérogènes ou mutagènes.
À partir de là, deux référentiels distincts existent, et la confusion entre les deux est la source de la plupart des malentendus commerciaux.
Les produits relèvent de la décision (UE) 2017/1217, qui couvre les produits de nettoyage de surfaces dures : nettoyants universels, nettoyants pour vitres, nettoyants pour sanitaires. Ses critères ont été prorogés et courent jusqu’au 31 décembre 2026.
Le service relève de la décision (UE) 2018/680, qui porte sur les services de nettoyage intérieur. Son champ couvre expressément les bureaux et les sanitaires, ainsi que les surfaces vitrées accessibles sans équipement spécialisé. Ses critères courent jusqu’au 31 décembre 2027.
Ce qui surprend
Le service labellisé ne se joue pas sur les flacons
C’est le point contre-intuitif, et c’est celui qui rend ce dossier utile. La décision sur les services fixe sept critères obligatoires, et un seul concerne réellement les produits.
| Critère | Ce qu’il exige | Ce que ça change au quotidien |
|---|---|---|
| Produits à faible impact | au moins la moitié des produits utilisés porte un label | le poste visible, et le seul que les plaquettes citent |
| Dosage | un dosage adapté et maîtrisé | un doseur, pas un bouchon rempli au jugé : c’est le geste qui change tout |
| Microfibres | au moins la moitié des textiles utilisés | moins de produit nécessaire, et un lavage des franges organisé |
| Formation du personnel | une formation effective des agents | le critère le plus structurant, et le plus difficile à tenir |
| Management environnemental | les bases d’un système de gestion | des procédures écrites, pas des intentions |
| Tri des déchets solides | un tri effectif | suppose que VOS locaux le permettent |
| Information sur le label | communication encadrée | évite les usages abusifs du logo |
Deux conséquences en découlent. La première : un prestataire peut utiliser des produits labellisés sans que son service le soit, et c’est le cas le plus fréquent. La seconde : le critère du tri des déchets dépend en partie de vous. Sans local à déchets adapté ni flux de tri en place, le prestataire ne peut pas le tenir, quelle que soit sa bonne volonté.
En pratique
Ce que le dosage change réellement
C’est le critère le plus banal et le plus efficace, et il ne coûte rien à personne.
Un produit concentré versé au jugé est utilisé en excès dans la grande majorité des cas. L’excès ne nettoie pas mieux : il laisse un film qui retient la salissure suivante, ce qui accélère le réencrassement et donne l’impression que la prestation se dégrade. Sur des sols souples, c’est particulièrement net.
Un doseur, une centrale de dilution ou des doses préformées règlent le sujet, réduisent la consommation et améliorent le résultat. C’est l’un des rares points où l’intérêt écologique et l’intérêt de propreté vont exactement dans le même sens.
Même logique pour les microfibres : elles demandent moins de produit à efficacité égale, mais elles supposent un circuit de lavage organisé, donc un local où faire sécher les franges. Encore un point qui dépend de vos locaux. Le local d’entretien, dans la trame.
Ce dossier répond à votre cas ? La suite se décide sur vos locaux.
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Comment lire une affirmation « responsable »
Et pour la partie que vous maîtrisez : des lignes précises dans le cahier des charges, sur le dosage et sur le tri, valent mieux que toutes les mentions d’une plaquette. Elles sont vérifiables au cahier de liaison, contrairement à une intention. Ce que couvre la prestation de base, et la clause de contrôle qui rend ces engagements opposables. Le tri des déchets, lui, dépend de vos locaux autant que du prestataire : il se prévoit dans la trame, à la rubrique des moyens mis à disposition.
- « Nous utilisons des produits écologiques » : demandez lesquels portent un label, et dans quelle proportion. Sans réponse chiffrée, c’est une intention.
- « Nous sommes écolabellisés » : demandez si c’est le produit ou le service, et le numéro de la décision applicable. Les deux référentiels sont publics.
- « Le personnel est formé » : à quoi, par qui, et à quelle fréquence. La formation est un critère obligatoire du service, et c’est le plus difficile à tenir.
- « Nous trions » : demandez ce que cela suppose de votre part. Si vos locaux n’ont ni local à déchets accessible ni flux séparés, la réponse ne peut pas être tenue.
Vous voulez inscrire ces exigences dans votre consultation ?
Textes de référence
- règlement (CE) n° 66/2010 : cadre du label écologique de l’Union européenne, système volontaire.
- décision (UE) 2017/1217 : critères du label écologique de l’Union européenne pour les produits de nettoyage de surfaces dures, prorogés jusqu’au 31 décembre 2026.
- décision (UE) 2018/680 : critères du label écologique de l’Union européenne pour les services de nettoyage intérieur, prorogés jusqu’au 31 décembre 2027.
Questions fréquentes
Les questions : réponses courtes
Les produits écolabellisés sont-ils obligatoires ?
Non. Le label écologique de l’Union européenne, établi par le règlement (CE) n° 66/2010, est un système volontaire. Aucune entreprise n’est tenue de l’obtenir, et son absence ne dit rien de particulier sur la qualité d’un prestataire.
Quelle différence entre un produit et un service écolabellisés ?
Ce sont deux référentiels distincts. La décision (UE) 2017/1217 couvre les produits de nettoyage de surfaces dures. La décision (UE) 2018/680 couvre le service de nettoyage intérieur, avec sept critères obligatoires dont le dosage, les microfibres, la formation du personnel, le management environnemental et le tri des déchets. Un prestataire peut utiliser des produits labellisés sans que son service le soit.
Un nettoyage écologique nettoie-t-il moins bien ?
Le critère le plus structurant du référentiel de service est le dosage, et il améliore le résultat plutôt qu’il ne le dégrade. Un produit versé en excès laisse un film qui retient la salissure suivante et accélère le réencrassement. Doser correctement nettoie mieux et consomme moins.
Ces critères sont-ils toujours en vigueur ?
Les deux décisions ont été prorogées en mars 2023. Les critères des produits courent jusqu’au 31 décembre 2026, ceux des services jusqu’au 31 décembre 2027. Ces échéances approchent : vérifiez-les si vous vous appuyez sur ces références dans un document contractuel.
Que puis-je exiger dans mon cahier des charges ?
Deux lignes suffisent et sont vérifiables : un dosage maîtrisé, avec doseur ou doses préformées, et un tri effectif des déchets, à condition que vos locaux le permettent. Exiger un service labellisé est possible mais restreint fortement le nombre de prestataires susceptibles de répondre.
Voir aussi
Les textes et les outils à consulter
- Fiche de données de sécurité : les 16 rubriques.
- Pictogrammes de danger : les 9 symboles.
- Plan de prévention : inspection commune et seuil de 400 heures.