Dossier
Changer de prestataire : le calendrier, semaine par semaine
La règle sur la reprise du personnel est connue et souvent mal comprise. Ce qui l’est encore moins, c’est le calendrier : quand relire son contrat, quand consulter, à quel moment prévenir, et pourquoi une décision prise trop tard abîme la transition même quand tout le reste est correct.
Publié le 12 septembre 2026 · lecture 7 min

Avant tout
Relire son contrat, et seulement après réfléchir
C’est l’étape que tout le monde saute, et elle conditionne toutes les autres. Trois informations se trouvent dans votre document et nulle part ailleurs.
La durée du préavis. Aucun texte ne la fixe : ni le code du travail, ni la convention collective de la propreté, qui ne traite que du sort des salariés. C’est une clause commerciale, librement négociée. Toute source qui annonce un préavis légal se trompe.
La forme exigée. Lettre recommandée, courrier électronique avec accusé, formalisme particulier : un préavis envoyé dans la mauvaise forme peut ne pas courir.
L’échéance de reconduction. C’est le piège le plus courant. Une tacite reconduction dont personne ne suit la date vous réengage pour une période entière, et la découverte se fait toujours quinze jours trop tard.
Le principe
Pourquoi le temps compte autant
Une fois le nouveau prestataire choisi, une mécanique conventionnelle se met en route entre les deux entreprises. L’article 7.3 de la convention collective des entreprises de propreté prévoit que l’entrante se fasse connaître, que la sortante établisse et transmette la liste du personnel affecté au marché et les dossiers correspondants, et que les salariés concernés soient informés par écrit.
Cette mécanique n’est pas instantanée. Comprimée sur quelques jours, elle produit exactement ce que vous voulez éviter : des dossiers incomplets, des salariés prévenus au dernier moment, et une première semaine où personne ne sait qui vient ni ce qu’il doit faire.
Autrement dit, le délai que vous laissez entre votre décision et la bascule est le principal facteur de qualité de la transition, avant même le choix du prestataire. La règle elle-même, avec ses conditions, est détaillée sur la page reprise du personnel.
Le déroulé
L’ordre dans lequel s’y prendre
Bien en amont : relire et décider
Préavis, forme, échéance de reconduction. Et se poser la vraie question : est-ce le prestataire qui ne va pas, ou le cahier des charges qui ne dit rien ? Changer de logo sans changer de document reproduit le même contrat.
Ensuite : réviser le document
C’est l’occasion, et elle ne se représentera pas avant des années. Vos locaux ont bougé depuis la dernière version. La trame à jour.
Puis : consulter, contrat en cours
Faire venir plusieurs prestataires pendant que l’ancien travaille encore. Vous comparez sereinement, et vous gardez la possibilité de ne pas changer.
Enfin : notifier, puis laisser se dérouler
Le préavis part dans la forme exigée. À partir de là, la mécanique de reprise se déroule entre les deux entreprises : ce n’est pas à vous de l’arbitrer.
Ce dossier répond à votre cas ? La suite se décide sur vos locaux.
Préparer mon changementCe qui se prépare de votre côté
Les cinq points matériels de la bascule
Ce dernier point évite un malaise fréquent. Si vos équipes ont sympathisé avec l’agent, elles s’inquiètent d’un changement qui, dans les faits, ne le concerne peut-être pas.
- Les accès : badges à récupérer, codes à changer, liste d’intervenants à mettre à jour auprès de l’accueil et de la société de sécurité.
- Le local d’entretien : ce qui appartient au prestataire sortant repart avec lui. Prévoyez que le local soit vide et propre pour le suivant, et sachez ce qui restait à vous.
- Les consommables : le stock en place, à qui il appartient, et qui reprend la fourniture le premier jour.
- Le dernier passage de l’un et le premier de l’autre : aucun trou entre les deux. Un week-end sans prestation se rattrape ; une semaine se voit.
- L’information en interne : dire à vos équipes que le prestataire change, et que la personne qui intervient peut très bien rester la même.
Vous êtes en train d’envisager un changement ?
L’erreur à éviter
Changer sans dire ce qui n’allait pas
C’est la faute la plus coûteuse, et elle est silencieuse. On consulte, on choisit le mieux-disant, on bascule, et six mois plus tard on retrouve exactement les mêmes reproches.
La raison est simple : le nouveau prestataire a répondu au même document que l’ancien, avec les mêmes zones floues et les mêmes fréquences approximatives. Il a donc reproduit la même prestation.
Prenez une demi-heure pour écrire, zone par zone, ce qui ne va pas aujourd’hui : quelle zone est mal traitée, à quel moment ça se voit, ce qui a été signalé sans effet. C’est l’information la plus utile que vous puissiez donner, et la moins souvent transmise. Elle transforme une consultation en cahier des charges. Et le contrat qui l’entoure.
Textes de référence
- article 7 de la convention collective des entreprises de propreté : garantie de l’emploi et continuité du contrat de travail en cas de changement de prestataire, reprise de l’accord du 29 mars 1990 dit annexe 7.
- article 7.3 de la convention collective des entreprises de propreté : obligations de l’entreprise sortante et de l’entreprise entrante, dans leur version issue de l’avenant n° 12 du 17 juillet 2018.
Questions fréquentes
Les questions : réponses courtes
Quel préavis pour changer de prestataire de nettoyage ?
Celui que votre contrat prévoit. Aucun texte ne fixe de préavis pour un contrat commercial d’entretien : la convention collective de la propreté organise le sort des salariés, pas la relation commerciale. Vérifiez aussi la date de reconduction tacite, qui passe souvent inaperçue et vous réengage pour une période entière.
Combien de temps à l’avance faut-il s’y prendre ?
Assez pour que la mécanique conventionnelle se déroule sans urgence : l’entreprise entrante doit se faire connaître, la sortante établir et transmettre la liste du personnel et les dossiers, et les salariés être informés par écrit. Une désignation tardive comprime tout cela, et c’est là que les transitions se passent mal.
Dois-je m’occuper de la reprise du personnel ?
Non. Elle se joue entre les deux entreprises de propreté, pas avec vous. Votre seul intérêt est de savoir qu’elle existe, parce qu’elle détermine qui interviendra chez vous après la bascule, et que la personne peut très bien rester la même.
Faut-il prévenir ses équipes ?
C’est préférable, et pour une raison précise : si vos équipes connaissent l’agent, elles s’inquiéteront d’un changement qui ne le concerne peut-être pas. Dire que le prestataire change et que la personne peut rester évite un malaise inutile.
Peut-on éviter un trou entre les deux prestataires ?
Il suffit de faire se toucher le dernier passage de l’un et le premier de l’autre, et de mentionner ce calage dans les deux contrats. Un week-end sans prestation se rattrape sans que personne ne le remarque ; une semaine se voit immédiatement.
Voir aussi
Les textes et les outils à consulter
- Annexe 7, reprise du personnel : conditions et délais.
- Calendrier du changement de prestataire : dates et fichier .ics.
- Convention collective de la propreté : ce qu’elle règle.
- Réglementation du nettoyage : toutes les fiches.